Femme age consulte documents administratifs assise table
Uncategorized

Nouvelle loi chômage senior : ce qui change à 55 ans pour votre indemnisation

Depuis 2025, les règles d’indemnisation des demandeurs d’emploi les plus âgés ont été remaniées. Beaucoup de salariés qui se croyaient protégés dès 53 ans découvrent que le seuil a bougé. Voici ce que prévoit la nouvelle loi chômage senior, qui est concerné, et jusqu’à quand l’allocation peut être versée.

Ce qui change avec la nouvelle loi chômage senior en 2026

Le changement principal tient au seuil d’âge : depuis le 1er avril 2025, les règles spécifiques aux seniors s’appliquent à partir de 55 ans, et non plus de 53 ans. Le second palier passe lui aussi de 55 à 57 ans. Concrètement, un salarié de 53 ou 54 ans qui perd son emploi est désormais indemnisé comme un actif plus jeune, avec une durée maximale plus courte.

Ces règles s’appuient sur la réforme de l’assurance chômage, complétée par la loi du 24 octobre 2025 consacrée à l’emploi des seniors. Ce texte cherche à garder les salariés plus longtemps en poste, notamment grâce au CDI de fin de carrière et à un recours facilité à la retraite progressive. Il ne remplace pas les règles d’indemnisation fixées par l’assurance chômage, mais il les complète.

Le tableau ci-dessous résume les durées maximales d’indemnisation par l’ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) selon l’âge à la fin du contrat de travail.

Âge à la fin du contrat Durée maximale d’indemnisation Dégressivité
Moins de 55 ans 18 mois Possible pour les hauts salaires
55 et 56 ans 22,5 mois Non
57 ans et plus 27 mois Non

Les conditions pour bénéficier du chômage après 55 ans

L’accès à l’allocation chômage suit les mêmes principes qu’avant, avec une particularité pour les seniors : la période de référence est plus longue. À partir de 55 ans, France Travail examine les 36 derniers mois précédant la fin du contrat, contre 24 mois pour les plus jeunes. Cela laisse davantage de marge pour réunir les conditions d’activité antérieure.

Il faut d’abord avoir travaillé au moins six mois (130 jours ou 910 heures) pendant cette période. La durée d’affiliation détermine ensuite combien de temps vous serez indemnisé, dans la limite des plafonds du tableau. La perte d’emploi doit aussi être involontaire : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle ou démission considérée comme légitime.

Le salarié doit enfin s’inscrire à France Travail, être apte au travail, chercher activement un poste et résider en France. L’inscription le plus tôt possible après la fin du contrat évite de perdre des jours d’indemnisation.

Durées d’indemnisation : 22,5 ou 27 mois selon votre âge

Calendrier affichant periodes indemnisation selon age

Le palier à 22,5 mois concerne les personnes de 55 et 56 ans, celui à 27 mois les personnes de 57 ans et plus. L’âge pris en compte est celui que vous avez à la fin de votre contrat de travail, et non celui de votre inscription. Un salarié qui fête ses 55 ans quelques semaines après son licenciement reste donc dans la catégorie précédente.

Cette durée est un maximum. Elle dépend de la durée d’affiliation réellement accumulée et ne s’applique en totalité qu’à ceux qui ont suffisamment travaillé sur la période de référence. Quelqu’un qui a cotisé seulement huit mois sur 36 n’obtiendra pas 27 mois d’ARE.

Exemple : 55 ans, 3 000 € brut par mois, environ 1 690 € d’allocation

Un salarié de 55 ans, rémunéré 3 000 € brut par mois, a un salaire journalier de référence d’environ 98,60 €. L’allocation est alors proche de 56 € brut par jour, soit un peu moins de 1 700 € brut par mois. Avec 22,5 mois d’indemnisation, l’enveloppe totale avoisine 38 000 € brut, à montant constant puisqu’il n’y a pas de dégressivité à cet âge. Ces chiffres sont indicatifs : seul le calcul de France Travail fait foi.

Fin de la dégressivité et montant de l’allocation

La dégressivité réduit de 30 % l’allocation après six mois d’indemnisation pour les anciens salariés les mieux payés, ceux dont le revenu mensuel brut dépasse environ 4 700 €. Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus en sont dispensés. Leur indemnisation reste identique du premier au dernier jour, ce qui sécurise le budget pendant la recherche d’emploi.

Le montant de l’ARE se calcule à partir du salaire journalier de référence. France Travail retient la formule la plus favorable entre 57 % de ce salaire et 40,4 % de ce salaire augmenté d’une part fixe. L’allocation ne peut pas dépasser 75 % du salaire de référence et ne descend pas sous un plancher journalier.

Le maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein

L’autre protection des seniors concerne les personnes qui arrivent en fin de droits sans avoir encore atteint l’âge de la retraite. Sous conditions, l’allocation continue d’être versée au-delà de la durée initiale, jusqu’à ce que la personne puisse prendre sa retraite à taux plein. Ce maintien des droits évite une rupture de revenu à la fin de l’ARE.

Conditions du maintien

Plusieurs critères sont cumulatifs. La personne doit avoir atteint un âge minimal à la fin de ses droits (62 ans dans la règle de l’assurance chômage), justifier d’une longue durée d’affiliation (de l’ordre de 12 ans) et ne pas encore réunir tous les trimestres nécessaires. Il faut aussi rester inscrit et poursuivre ses démarches de recherche d’emploi.

Les trimestres validés pendant l’indemnisation comptent pour la retraite, sous certaines limites. Avant de miser sur ce dispositif, demandez un relevé de carrière et un décompte des trimestres : l’écart entre vos trimestres et ceux exigés peut modifier la date de fin du maintien.

À partir de quel âge ?

Le maintien démarre à la fin des droits, pas avant, et pas avant l’âge minimal prévu par la règle. Il s’arrête dès que vous atteignez le nombre de trimestres requis pour le taux plein, ou l’âge auquel le taux plein est accordé automatiquement, quel que soit le nombre de trimestres. Entre-temps, l’âge légal de la retraite, relevé progressivement par la réforme de 2023, fixe le moment où vous pouvez demander votre pension.

Rupture conventionnelle et autres points de vigilance

contrat emploi signature document bureau stylo

La rupture conventionnelle reste un motif de fin de contrat ouvrant droit à l’ARE, y compris pour un senior. Les modalités qui l’entourent ont toutefois évolué à partir de septembre 2026 : la négociation avec l’employeur demande donc plus de prudence qu’auparavant. Vérifiez vos droits auprès de France Travail avant de signer, car le délai de carence peut dépendre des indemnités perçues.

Si vous épuisez l’ARE sans remplir les conditions du maintien, l’ASS (Allocation de Solidarité Spécifique) peut prendre le relais, sous conditions de ressources et d’activité passée. Dans les dernières années de carrière, la retraite progressive offre aussi une voie intermédiaire : vous réduisez votre temps de travail tout en touchant une partie de votre pension.

Pour résumer les démarches utiles, trois réflexes aident à ne rien laisser au hasard :

  • faire le point sur vos trimestres cotisés avant la fin du contrat ;
  • s’inscrire à France Travail dès le lendemain de la rupture ;
  • simuler votre allocation et la durée de vos droits sur votre espace personnel.

La nouvelle loi chômage senior ne bouleverse pas l’ARE, mais elle déplace les seuils et ferme certaines portes aux 53 et 54 ans. À partir de 55 ans, vous gardez néanmoins des atouts : une durée plus longue, aucune dégressivité et, dans certains cas, un maintien jusqu’à la retraite à taux plein. Un point de situation avec un conseiller France Travail permet de confirmer ces droits sur votre dossier.