L’épicondylite, aussi appelée tennis elbow ou épicondylite latérale, est une atteinte des tendons qui s’insèrent sur la partie externe du coude. Elle vient le plus souvent de gestes répétitifs du poignet et de l’avant-bras, bien plus souvent au travail que sur un court de tennis. Pour l’arrêt de travail, il n’existe pas de durée unique : comptez de quelques jours à un mois environ sans chirurgie, et de plusieurs semaines à quelques mois après une opération.
Combien de temps d’arrêt de travail pour une épicondylite ?
C’est le médecin traitant qui fixe la durée de l’arrêt de travail sur un certificat médical, en fonction de l’intensité de la douleur, de la force de préhension et surtout du poste occupé. L’Assurance Maladie publie des référentiels de durées indicatives, qui servent de repère au praticien sans jouer le rôle de plafond. Le tableau ci-dessous donne des ordres de grandeur couramment observés.
| Situation | Durée indicative de l’arrêt |
|---|---|
| Poste sédentaire, forme légère, traitement sans chirurgie | 0 à 2 semaines |
| Poste avec gestes répétitifs ou port de charges | 2 à 6 semaines |
| Forme rebelle (infiltration, rééducation prolongée) | 4 à 8 semaines |
| Après chirurgie du coude | 4 à 12 semaines, parfois plus |
Parfois, le bon arrêt est l’absence d’arrêt
Pour un travail de bureau, beaucoup de médecins préfèrent un aménagement de poste associé à du repos relatif du bras. L’épicondylite guérit mal avec une immobilisation totale et prolongée : mieux vaut éviter le geste qui déclenche la douleur que cesser toute activité.
Ce qui fait varier la durée : traitement, chirurgie et type de poste
Le type de poste
Un ouvrier du bâtiment, un peintre, un boucher ou une caissière sollicitent leur coude en permanence, et la reprise du même geste relance la douleur. Pour ces métiers, la durée de l’arrêt s’allonge nettement. À l’inverse, un salarié de bureau peut souvent continuer à travailler en limitant l’usage de la souris ou en changeant de position.
Le traitement conservateur
La grande majorité des épicondylites se traite sans chirurgie. Le repos relatif, les antalgiques, le port d’une attelle ou d’une orthèse, puis la rééducation en kinésithérapie constituent la base. Une infiltration de corticoïdes peut soulager à court terme, mais elle ne remplace pas le renforcement progressif des muscles de l’avant-bras. Plus la prise en charge est précoce, plus l’arrêt a de chances de rester court.
La chirurgie
L’intervention n’est envisagée qu’après plusieurs mois d’échec des traitements, en général six à douze mois. Après la chirurgie, l’arrêt de travail couvre la cicatrisation puis la rééducation, avec une reprise souvent graduelle. Pour un poste physique, la reprise complète peut prendre plusieurs mois.
Renouvellement et prolongation de l’arrêt

Si la douleur persiste à la fin de l’arrêt initial, le médecin traitant peut prescrire une prolongation. Elle doit être demandée avant la fin de l’arrêt en cours, de préférence lors d’une consultation de contrôle, car une prolongation tardive complique la prise en charge par la Sécurité sociale. Le médecin n’est pas obligé de prolonger : il juge l’évolution clinique, et peut aussi orienter vers un spécialiste (rhumatologue, médecin du sport ou chirurgien de la main).
Les règles encadrant la durée maximale d’un arrêt prescrit en ville ont récemment évolué : mieux vaut demander à son médecin comment elles s’appliquent à votre situation. En cas d’arrêts qui se répètent, l’Assurance Maladie peut aussi demander l’avis de son service médical.
Épicondylite reconnue en maladie professionnelle : indemnités et démarches
L’épicondylite figure au tableau 57 des maladies professionnelles du régime général (affections périarticulaires liées à certains gestes et postures). Pour la faire reconnaître, il faut notamment avoir exercé un travail comportant des mouvements répétés de préhension ou d’extension de la main sur l’avant-bras, avec une durée d’exposition minimale d’un an et un délai de prise en charge de 14 jours après la fin de l’exposition.
La démarche débute par une déclaration de maladie professionnelle auprès de la caisse d’Assurance Maladie, accompagnée du certificat médical initial établi par le médecin et d’une attestation de salaire fournie par l’employeur. La caisse instruit le dossier, puis notifie sa décision. En cas de refus, un recours reste possible.
Les indemnités journalières
Pendant un arrêt maladie ordinaire, les indemnités journalières s’élèvent à 50 % du salaire journalier de base, après trois jours de carence. En maladie professionnelle, elles montent à 60 % du salaire pendant les 28 premiers jours, puis à 80 %, sans délai de carence. Beaucoup de conventions collectives ou de mutuelles complètent ces montants, donc il vaut la peine de vérifier ses droits auprès de son employeur.
Reprise du travail : mi-temps thérapeutique et aménagement de poste
Retourner à plein temps dès la fin de l’arrêt expose à une rechute, surtout si les gestes à l’origine de l’épicondylite n’ont pas changé. Le mi-temps thérapeutique, prescrit par le médecin traitant et accepté par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie, permet de reprendre progressivement tout en continuant à percevoir une partie des indemnités journalières.
La visite de reprise chez le médecin du travail est obligatoire après une maladie professionnelle, et après un arrêt maladie ordinaire de 60 jours ou plus. Une visite de pré-reprise, demandée pendant l’arrêt, aide à préparer un aménagement de poste : outils adaptés, rotation des tâches, pauses plus fréquentes ou limitation de la charge portée.
Questions fréquentes

Peut-on conduire avec une épicondylite ?
Il n’existe pas d’interdiction légale propre à cette affection. En pratique, si la douleur gêne la tenue du volant ou la préhension, mieux vaut éviter de conduire et en parler au médecin, d’autant qu’un arrêt pour épicondylite concerne souvent un bras dominant douloureux.
L’employeur peut-il contester l’arrêt ?
L’employeur ne peut pas remettre en cause le diagnostic, mais il peut demander une contre-visite médicale pour vérifier que l’arrêt est justifié. L’Assurance Maladie peut aussi convoquer le salarié auprès de son service médical. En cas de désaccord sur la durée, le médecin-conseil tranche en s’appuyant sur le dossier médical.
Peut-on reprendre le sport pendant l’arrêt ?
Mieux vaut éviter tout sport sollicitant l’avant-bras (tennis, escalade, musculation des bras) tant que la douleur persiste. Le kinésithérapeute indique ensuite quand et comment reprendre, en général par paliers, pour ne pas prolonger la durée de l’arrêt.

